Histoire du cinéma

Cinéma iranien : au-delà de l’étiquette, une histoire de production et de circulation

Le cinéma iranien englobe des œuvres produites dans le pays, en exil et en coproduction. Cet article examine comment les institutions, les contextes historiques et les réseaux de collaboration façonnent la circulation et le sens de ces films, sans les réduire à une esthétique unique.

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Iranian — Assimilation of Baltic and Aryan Peoples by Uralic Speakers in the Middle and Upper Volga Basin
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L’étiquette « cinéma iranien » rassemble souvent des expériences de production très différentes : de l’industrie d’État de l’époque pahlavie aux œuvres réalisées par des cinéastes en exil, en passant par les coproductions internationales. Pour comprendre ces différences, il faut distinguer la nationalité des créateurs, le lieu de tournage, le financement et les conditions de diffusion. Cet article propose un panorama historique circonscrit, qui met en regard des cas documentés afin d’expliquer comment le contexte de production influe sur la circulation et la réception des films, sans réduire la diversité du cinéma iranien à une seule tradition esthétique ni à la censure comme explication unique.

Définir le cinéma iranien : nationalité, lieu et financement

Le cinéma iranien désigne traditionnellement l’activité cinématographique produite en Iran, une industrie née dans les années 1900. Cette définition géographique ne rend toutefois pas compte de la complexité des parcours des cinéastes. Distinguer la nationalité des réalisateurs, le lieu de tournage du film et l’entité qui l’a financé est essentiel pour comprendre pourquoi une œuvre peut être considérée comme iranienne même si elle est achevée à l’étranger. La production en Iran a été soumise à des cadres institutionnels spécifiques, tandis que les œuvres de l’exil et les coproductions obéissent à d’autres logiques de financement et de circulation, ce qui influe sur leur accès au public et leur réception à l’international.

Institutions et archives : les fondements documentaires de l’histoire

La préservation de la mémoire cinématographique iranienne s’appuie sur des institutions comme le Musée du cinéma d’Iran, installé dans le complexe historique de Bagh-e Ferdows, à Téhéran. Il conserve une collection de 1 100 films, plus de 25 000 photographies et 3 000 documents d’archives, notamment des scénarios et de la correspondance, qui permettent de retracer l’évolution technique et thématique du cinéma, de l’époque du muet à aujourd’hui. La recherche historique a également été portée par des figures comme Ghaffari, qui a collaboré avec la Commission de recherche historique, fondée en 1950 au sein du Centre national du cinéma afin de constituer une histoire complète de la cinématographie iranienne. Les documents réunis ont ensuite été confiés à la FIAF et à l’UNESCO.

Le filmfarsi et l’influence du cinéma indien

Les liens entre le cinéma populaire iranien et le cinéma indien, en particulier les productions de Mumbai, sont un aspect essentiel de son histoire. Appelé filmfarsi, ce genre s’est structuré avec l’arrivée du cinéma parlant et les premiers contacts entre cinéastes des deux pays dans les années 1930. Des films comme Sangam (1964) et Le Trésor de Gharun (1965) marquent des tournants dans cette histoire et montrent comment les conventions narratives et esthétiques du cinéma hindi ont influencé la création d’un cinéma qui a rencontré un immense succès populaire en Iran. Les coproductions directes entre les deux pays ont été rares, mais la collaboration professionnelle et les échanges de savoir-faire ont laissé une empreinte importante sur l’industrie.

Exil, censure et rupture de 1979

La Révolution islamique de 1979 a provoqué une rupture majeure dans l’histoire du cinéma iranien, contraignant de nombreux cinéastes et institutions à réorganiser leurs pratiques ou à partir en exil. Des figures comme Ghaffari, qui avait joué un rôle central dans l’organisation de festivals tels que celui de Téhéran (1973-1977) et celui de Chiraz, ont dû quitter le pays, marquant une discontinuité dans la politique culturelle. Les films censurés ou écartés à cette époque ont depuis acquis, rétrospectivement, le statut de jalons de l’histoire du cinéma. Ce contexte montre que la censure n’est pas le seul facteur qui façonne les films : elle interagit avec les choix artistiques et les conditions de production propres à chaque période.

Une grille de lecture pour la diversité des productions

Analyser le cinéma iranien suppose de reconnaître la diversité de ses parcours et les limites de toute généralisation à partir d’une sélection de films. L’étiquette nationale peut masquer les différences entre un film produit par l’État, une œuvre réalisée par un cinéaste en exil et une coproduction internationale. Situer chaque film dans sa période et dans les institutions qui l’ont produit permet de mieux comprendre comment les contraintes et les possibilités propres à chaque territoire influent sur sa circulation. Cette approche offre une lecture plus précise de l’histoire du cinéma iranien, en évitant les simplifications et en prenant en compte la complexité des contextes de création.

Les points à retenir

  • Le cinéma iranien comprend des productions réalisées dans le pays, en exil et en coproduction, chacune soumise à des conditions de circulation différentes.
  • Le Musée du cinéma d’Iran conserve 1 100 films et des milliers de documents qui permettent de retracer l’histoire de l’industrie.
  • Le filmfarsi témoigne de la forte influence du cinéma indien, en particulier à partir des années 1960.
  • La Révolution de 1979 a provoqué une rupture institutionnelle et l’exil de figures clés, affectant la continuité de la politique culturelle.
  • Distinguer nationalité, lieu de tournage et financement est essentiel pour comprendre la diversité du cinéma iranien.

Sources et filmographie consultées

  1. Irán-India, relaciones cinematográficas: una revisión histórica .... e-archivo.uc3m.es. Consulté 4 nov. 2026
  2. Rouzbeh Rashidi | Experimental Cinema Wiki. expcinema.org. Consulté 4 nov. 2026
  3. Throughout this time spent on feature film projects, Ghaffari also carried on with his ambitions for institutionalising film cul.... academic.oup.com. Consulté 4 nov. 2026
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  7. (PDF) El cine de Irán desde el ámbito académico español. www.academia.edu. Consulté 4 nov. 2026
  8. La oikopolítica desde la cinematografía iraní - Digital CSIC. digital.csic.es. Consulté 4 nov. 2026